Risa Murakami a grandi dans une petite ville de la préfecture de Kanagawa, où elle mène une enfance discrète et studieuse. À l’âge de 18 ans, elle s’installe à Tokyo pour suivre des études de mode dans une école privée du quartier de Shinjuku. Pour financer son loyer et ses cours, elle enchaîne les petits boulots : vendeuse dans une boutique de vêtements vintage à Harajuku, puis serveuse dans un izakaya près de Shibuya. C’est là qu’elle est repérée par un recruteur d’une agence de divertissement pour adultes. Murakami raconte souvent qu’elle n’avait jamais envisagé l’industrie du film X, mais que la proposition est arrivée à un moment de vulnérabilité financière et de curiosité personnelle.
En 2015, Risa Murakami signe un contrat exclusif avec un studio de la région de Kanto. Son premier tournage, un film mettant en scène une scénographie inspirée des love hôtels d’Akihabara, restera gravé dans sa mémoire. Elle décrit cette journée comme un mélange de stress intense et de fascination pour les mécanismes de production. Le réalisateur, un vétéran du genre, lui apprend à gérer son trac et à trouver une forme de spontanéité contrôlée. Après la sortie de ce premier opus, les retours des plateformes spécialisées sont encourageants, et l’agence lui propose un rythme de deux tournages par mois.
À partir de 2017, Risa Murakami commence à expérimenter des rôles plus complexes, loin des clichés du début. Elle participe à des productions mettant l’accent sur la narration psychologique, où elle incarne des personnages aux motivations nuancées. Parallèlement, elle suit des formations de maquillage et de coiffure sur les plateaux, ce qui lui permet de collaborer plus étroitement avec les équipes techniques. En 2019, elle fonde sa propre micro-structure de production indépendante, diffusant quelques courts-métrages via des canaux privés. Cette période marque une rupture nette avec le formatage industriel, elle y insiste souvent lors d’interviews : la liberté créative devient sa priorité.
En dehors des tournages, Risa Murakami voue une passion pour la photographie argentique. Elle a suivi un stage de trois mois chez un artisan tireur à Asakusa, ce qui a influencé sa manière de composer les plans lors de ses propres réalisations. Elle cite également l’écrivaine Yōko Ogawa comme une source d’inspiration majeure, notamment pour la construction de personnages féminins ambivalents. Ses relations personnelles restent un sujet qu’elle aborde rarement dans ses entretiens, mais elle a confié à un magazine culturel qu’un ancien partenaire, croisé lors d’un festival de cinéma underground, l’a encouragée à ne pas abandonner le métier malgré les préjugés familiaux.
Depuis 2021, Risa Murakami réduit volontairement sa cadence de tournage pour se consacrer à l’écriture d’un recueil de nouvelles érotiques inspiré de ses expériences. Elle anime également des ateliers de confiance corporelle dans des espaces safe à Tokyo, s’adressant majoritairement à des jeunes femmes qui souhaitent comprendre les coulisses de l’industrie du cinéma pour adultes. Elle refuse de se considérer comme une « star » et préfère se définir comme une interprète qui a traversé des phases d’ombre et de lumière. Son parcours, marqué par une recherche constante d’authenticité, continue d’évoluer en marge des circuits commerciaux traditionnels.